Escapade aux Iles Chausey

Publié le 04/08/2011 par - Lu 6429 fois

Catégorie : Tourisme /// Mot-Clef : voyage, iles, chausey
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Les îles de Chausey commandent l’entrée de la baie du mont-saint-michel. Un environnement exceptionnel situé à quelques miles de la cité corsaire de Granville. On y relève les plus fortes marées d’Europe. A découvrir dès maintenant pendant la période estivale...

Ce paradis de la pêche et de la plaisance compte 52 îles à marée basse (68 hectares de terres émergées) et 365 à marée basse éparpillées sur une surface de 5 000 hectares. Soit une zone de 12 km de long sur 5 km de large formant le plus vaste archipel d’Europe. Les îles Chausey sont administrativement rattachées à la commune de Granville qui se trouve à environ 9 milles (soit 17 km), sur la route de Jersey et à proximité du plateau anglais des Minquiers. On y recense une dizaine d’habitants l’hiver et jusqu’à 400 l’été, principalement sur la Grande Ile et Anneret où l’on trouve deux maisons.

Suivant la puissance de votre bateau le temps de croisière peut aller de 30 à 45 minutes. Mais le vent, la puissance des courants, voire une brume tenace, le changement des conditions météorologiques peuvent multiplier par deux la durée de la traversée. Une carte marine détaillée, un GPS, un sondeur, les horaires de marées sont indispensables. Méfiez vous aussi des paquets d’algues et des petits fanions signalant des casiers immergés.

Carte de l'ile de Chausey

Depuis le port de plaisance de Hérel on longe les digues de l’avant port avant de laisser à bâbord la tourelle du rocher du Loup, puis à tribord la Pointe du Roc surmontée d’un sémaphore et d’un phare (portée 23 miles, 4 éclats toutes les 15 secondes). Prudence dans cette zone où le trafic des pêcheurs se mêle à celui des plaisanciers, voire parfois des cargos. Il y a souvent un peu de clapot en raison des rochers et de la faible profondeur des fonds. Jusqu’au Roc la vitesse est limitée à 5 noeuds. Après quelques minutes de navigation on aperçoit au fond de la baie la silhouette triangulaire du Mont-Saint-Michel. Plein ouest on distingue la côte bretonne, le mont Dol, la pointe de Cancale et son église perchée sur une falaise. Par ciel dégagé, la vue porte jusqu’au Cap Fréhel. En laissant à tribord l’écueil de la tourelle de Fourchie, les pittoresques maisons de la Haute-Ville et la plage du Plat- Gousset, on met le cap au nord-ouest (290 degrés).

Par beau temps durant tout le trajet on distingue les îles assez plates qui s’alignent sur l’horizon. La bouée du Videcoq marque la mi-parcours. En s’approchant on aperçoit le phare de la Grande Ile (portée 22 miles, éclat blanc toutes les 5 secondes) et les îlots orientaux ponctués d’amers blancs. Compte-tenu de la complexité du secteur et du risque d’échouement, une annexe est nécessaire pour débarquer et visiter les endroits les plus secrets. D’autant que lors des plus grandes marées on relève une différence de niveau de 14 mètres. Même en période de mortes eaux l’amplitude affiche encore 5 mètres de différence. Il faut toujours se ménager une marge de sécurité de profondeur suffisante.

L’archipel est constitué d’une multitude de récifs, de roches, de cailloux en granite de toutes formes reliés par une myriade de chenaux, de bancs de sable et de ravissants lagons. Certains îlots sont nus d’autres couverts d’une végétation rase. Pêche, farniente ou déjeuner sur l’eau, laissez-vous envoûter par la beauté des lieux.

Les îles de ChauseyLes îles de Chausey

Pour une première visite, il vaut mieux mouiller dans le Sound, grand chenal qui borde la Grande Ile à l’est. L’entrée est matérialisée par des perches jaune et noir coiffées de cônes. Des coffres d’amarrage sont disponibles dans la partie nord du Sound entre les balises de La Crabière, soit une quarantaine de bouées. Compte-tenu de l’évitage il faut s’amarrer à deux bouées. Il reste toujours un peu d’eau à marée basse. On peut aussi s’échouer à l’entrée des plages de Bretagne et de Port-Homard juste avant les bouées délimitant la zone de baignade. On peut débarquer sur la l’estacade de la Grande Ile, mais pas y demeurer. Traversée par le chenal de Beauchamp, c’est toute la partie est de l’archipel qui est la plus spectaculaire avec de superbes jeux de couleurs, immortalisés par de nombreux peintres comme Marin Marie. Aux abords des Huguenans et du Grand Romont d’immenses étendues de sable se découvrent à marée basse. Un vrai bonheur pour la pêche à pied lors des très grandes marées avec en vedette : coques, crabes, homards, bouquets, palourdes ... On découvre aussi des tables à huîtres et des alignements de pieux porteurs de moules, les fameux bouchots. Prudence si vous naviguez à proximité des pieux. Des perches délimitent le périmètre de chaque parc.

À terre, la Grande Ile ne manque pas de charmes. Culminant à 25 mètres, elle mesure moins de 2 kilomètres de long pour une largeur variant de 50 à 500 mètres. Le Conservatoire du Littoral y a recensé pas moins de 500 espèces florales, avec une végétation plutôt méditerranéenne sur la côte de la Pointe de la Tour, un bocage normand au centre avec de grands arbres et un chemin creux, plusieurs plages et quelques dunes ourlées d’ajoncs et de genêts. Côté patrimoine, on trouve quelques vestiges mégalithiques, une chapelle, un ancien fort bâtit sous Napoléon III, un château acquis et restauré entre 1922 et 1924 par l’industriel automobile Louis Renault, des maisonnettes typiques du village des Blainvillais, des carrières de granite qui ont servi à la construction du Mont-Saint- Michel et des ports de la région. Jadis on brûlait aussi le varech pour confectionner des pains de soude. C’est également le paradis des oiseaux (plus de 200 espèces) notamment pour les harles huppées, mais aussi beaucoup de goélands et de cormorans. Renseignez-vous sur les zones interdites en période de reproduction. L’archipel est la destination favorite des voiliers de Bretagne et de Normandie avec le passage fréquent de vieux gréements d’exception, comme les bisquines ou les canots chausiais. On y rencontre également une grande concentration d’unités motorisées souvent rutilantes. Assez poissonneuses les eaux sont riches en bar et maquereaux, tandis qu’une vie sous-marine s’épanouit à l‘abri des herbiers de zostères.

Les îles de ChauseyLes îles de Chausey

Pour le ravitaillement, la Grande Ile possède deux restaurants et une épicerie, mais ni carburant ni point d’eau. Compte tenu des courants et du louvoyage entre les îlots prévoyez une large autonomie. La baignade est tonique avec deux à trois degrés de moins que sur le littoral. Bivouac et camping sont interdits dans tout l’archipel. Sachez enfin que les contrôles des douanes, de la gendarmerie ou des affaires maritimes sont assez fréquents concernant les équipements de sécurité, le matériel de pêche, la taille et le nombre de prises. Soumis aux vents d’ouest la partie occidentale est encore plus sauvage avec son labyrinthe d’écueils et de rochers.

Plein gaz pour le retour, on fait route au 110 en direction des plages de Saint-Pair-sur-Mer et de Jullouville-les-Pins. Il n’est pas rare d’avoir pour compagnie des grands dauphins de la Baie du Mont Saint-Michel. Si le seuil de la marée n’est pas encore suffisant pour rentrer dans le port de Hérel, on peut patienter dans la fosse du Loup (à 250 mètres au nord-ouest de la tourelle). Un panneau lumineux indique l’ouverture de la porte d’accès au bassin (à partir de 6,65 mètres le tirant d’eau étant alors de 1,40 m). Soyez patients les dimanche soir de beau temps car il y a toujours un peu d’embouteillage. Les plus malins peuvent aussi remonter leur bateau moyennant une remorque sur la cale de l’avant-port. La mise à l’eau ou le débarquement peuvent aussi s’effectuer depuis les cales des plages voisines de Donville-les-Bains et de Jullouville-les-Pins. En cas d’affluence, on peut garer sa remorque sur le parking du lycée près du château de la Crête. Ensuite pour aurez tout le loisir pour arpenter les singulières ruelles des remparts de Granville, effectuer le tour panoramique du roc par le sentier du littoral, sans oublier les magnifiques jardins de la villa Christian Dior qui surplombent la promenade de la plage du Plat Gousset, avant de partager des fruits de mer dans l’un des nombreux restaurants du port.

Vous pouvez retrouver des infos pratiques et des bonnes adresses dans le numéro #1 de Youboat (Juin/Juillet 2011) sur cette escapade.

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